Savoir utiliser la photographie documentaire

Publié le par MLGOBRY

J’ai copié, moi ?

J’ai évoqué l’autre jour des formes de copies différentes : la copie délibérée, intentionnelle, et la copie de réminiscence ou de maladresse. La formidable mémoire visuelle et auditive qu’avaient les hommes d’avant l’âge des media ne les dispensait pas de consulter une foule de documents pour exécuter leurs œuvres, comme par exemple des catalogues de fleurs. Ces fleurs elles-mêmes étaient dessinées par des artistes naturistes, minutieux, qui restituaient la plante dans tous ses détails, avec l’avantage sur l’herbier que leurs formes et leurs coloris résistaient à la dessiccation et au temps.

Rendez-vous à http://www.herbarium.com/images/roses/. On ose imaginer que ces manuscrits ornés étaient de ce style.



Comment ne pas copier  ?

Vous ne souhaitez pas revivre les heures d’angoisse d’un malheureux illustrateur, épinglé parce que l’arbre qu’il avait représenté ressemblait trop à celui du dictionnaire ? Vous n’imaginez pas que si vous copiez, cela passera inaperçu dans la multitude de documents qui sont publiés chaque jour. Vous êtes consciencieux. Vous savez que le métier de certains est de feuilleter quotidiennement ces documents pour rechercher l’occasion d’un juteux procès. Mais on vous a commandé de réaliser des roses. Des roses très réalistes, pas celles que vous pourriez restituer de mémoire.

Celles du fleuriste ne vous conviennent pas.

C’est là que vous allez faire appel à la photographie. Hier, je vous montrai une Rosa gallica prise dans le jardin d’un ami, excellent jardinier. Mon intention était d’utiliser cette image un jour, bien sûr.


1. Se constituer une banque d’images

Une solution, pour éviter le plagiat, est de se constituer sa banque d’images personnelles. Il faut prendre l’habitude de sortir avec son carnet de croquis et un bon appareil photo dans les poches.

Je prendrai l’exemple des fleurs tout au long de mes démonstrations.


Nous n’avons plus les catalogues des peintres d’hier, mais nous pouvons trouver encore de précieuses pages de ces recueils. Jusqu’au 19e siècle, les descriptions de plantes et d’animaux étaient confiées à des artistes spécialisés. Il est stimulant de se mettre dans la peau des grands maîtres de jadis. Tenez, évoquez les bouquets d’Ambrosius Bosschaert ou de Daniel Seghers pour les Flamands. Jan van Huijsum, le Hollandais. A gauche, François Ykens.



Le site remarquable : http://www.tadine.ca/peinture/van_dael_jan_frans/van_dael07.shtml nous en propose une série de reproductions éblouissantes. On n’a pas fini de rechercher les secrets de ces peintres. Beaucoup s’essayent à découvrir les formules de leur matériau. Une profusion de pigments et de liants sont vendus dans les magasins spécialisés à cette intention. Mais la matière ne livre pas tout. De bons outils ne font pas un bon ouvrier.


Savoir regarder, pour l’artiste réaliste, est la première des nécessités. Sortir avec son appareil photo, prêt à mitrailler, apporte évidemment un apprentissage du regard.

L’œil aux aguets, vous cherchez ce qui pourra vous apporter immédiatement ou par la suite la précieuse documentation à laquelle vous pourrez faire appel. Et vous mitraillez.


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